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Barakat Al-Farra : Il n’y aura ni élections ni Etat palestinien sans Gaza

Osman Fekri, Mardi, 11 octobre 2016

L'ambassadeur de Palestine au Caire et membre du comité central du Fatah, Barakat Al-Farra, parle des conséquences du report des élections et des relations avec le Hamas.

Barakat Al-Farra
Barakat Al-Farra, ambassadeur de Palestine au Caire et membre du comité central du Fatah.

Al-Ahram Hebdo : La justice palestinienne a décidé que les élections municipales se tiendraient en Cisjordanie, mais pas dans la bande de Gaza. Quelles sont d’après vous les conséquences de cette décision ?

Barakat Al-Farra : Nous respectons les décisions de la justice. La commission électorale devra effectuer davantage de consultations pour l’élaboration d’un nouveau code électoral avec la participation de toutes les parties palestiniennes, en vue de l’organisation, en vertu de ce code, d’élections globales, y compris à Jérusalem.

— Quels sont les scénarios attendus suite à cette décision ?

— Les élections ont été reportées, et je ne pense pas qu’elles aient lieu avant l’adoption d’un nouveau code électoral corrigeant les insuffisances de la loi actuelle.

— Et qu’en sera-t-il pour Gaza ?

— Il n’y aura ni élections ni Etat palestinien sans Gaza. La bande de Gaza est synonyme de fierté et de résistance, et il suffit à ses habitants les injustices qu’ils ont subies sous le Hamas.

— Et, justement, quel avenir pour le Hamas ?

— Le Hamas peut participer aux prochaines élections s’il le souhaite, et s’il s’en abstient il n’aura qu’à assumer les conséquences.

— Quel effet les élections peuvent-elles avoir sur la réconciliation palestinienne ?

— Le processus de réconciliation est au point mort à cause de l’intransigeance du Hamas, et son obstination à s’emparer de la bande de Gaza et à l’isoler du reste de la patrie. Pour toute réconciliation, il faut que le Hamas revienne à la raison et place l’intérêt national au-dessus de ses propres intérêts.

— Où en est l’initiative de Mohamad Dahlan ?

— Il n’existe pas d’initiative de ce nom. Quant à l’initiative dite du « Quartette arabe », celle-ci a pour objectifs de réorganiser la maison palestinienne, de dégeler le processus de paix, de mettre fin à l’occupation israélienne, et de créer un Etat palestinien dans les frontières du 4 juin 1967, avec Jérusalem pour capitale.

— L’Egypte joue-t-elle un rôle dans cette initiative ?

— Nous saluons toute participation arabe et nous oeuvrons pour des relations saines avec tous les pays arabes. Quant à l’Egypte, elle est notre parraine et partenaire, et toutes nos démarches politiques sont entreprises en consultation avec elle.

— La présidence du Fatah fait-elle l’objet d’une dispute actuellement ?

— Pas du tout. Le président Abou-Mazen fait l’unanimité. Et si son mandat n’est pas renouvelé, le congrès du Fatah choisira le prochain président du mouvement parmi les candidats qui se présenteront, selon les règlements démocratiques.

— Comment voyez-vous les relations d’Abou-Mazen avec le Fatah en ce moment ?

— Les relations entre Abou-Mazen et le Fatah sont solides comme le roc, elles ne se laissent pas influencer par un mot dit ici ou là. Le travail politique n’est pas en noir et blanc. Nous avons confié une responsabilité à notre président, et nous devons le soutenir dans ses positions, jusqu’à ce que notre rêve de libération et de la création de notre Etat indépendant soit réalisé.

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