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Ossama Nabih : La qualification pour la CAN est un retour à la normale

Amr Moheb, Mardi, 21 juin 2016

Ossama Nabih, entraîneur général de l’équipe nationale d’Egypte, revient sur la qualification des Pharaons pour la Coupe d’Afrique des nations Gabon 2017.

Ossama Nabih
Ossama Nabih, entraîneur général de l’équipe nationale d’Egypte.

Al-Ahram Hebdo : Quelles sont les rai­sons qui ont permis cette heureuse qualification à la Coupe d’Afrique des nations ?

Ossama Nabih : C’est le fruit de notre travail pendant toute la période écoulée. Nous avons commencé par choisir l’effectif idéal dont nous avons besoin. Un effectif qui regroupe des joueurs professionnels évoluant à l’extérieur ainsi qu’une bonne poignée de joueurs d’Ahli, de Zamalek et de quelques autres clubs locaux.

Nous n’avons pas voulu élargir l’éventail du choix en allant chercher de nouveaux joueurs. Nous avons préféré sélectionner des joueurs confirmés pour ne pas perdre de temps. C’est donc avec un groupe restreint que nous avons commencé un travail technique visant à créer une homogénéité dans l’équipe. Et nous sommes arri­vés à un point où chaque joueur connaît sa posi­tion sur le terrain et son rôle sur le plan tactique. Notre avantage est d’avoir un directeur technique extrêmement compétent qui sait révéler les poten­tiels de chaque joueur. Il est comme un chef d’orchestre qui pousse les joueurs à dévoiler leurs qualités.

— Les problèmes administratifs que la sélec­tion a connus fin 2015 et qui ont eu pour consé­quences le remplacement du staff technique n’ont-ils pas eu d’impact négatif sur les prépa­rations de l’équipe ?

— Toute équipe sportive travaille sans doute moins bien en cas de problèmes. Heureusement, les difficultés administratives qui ont brouillé l’équipe l’année dernière ne se sont pas reproduites cette année. La sélection est plu­tôt stable, et cela nous a aidés à bien nous concentrer.

— C’est votre première sélection à la CAN en tant qu’entraîneur général des Pharaons après de longues années ...

— Contrairement à ce que les gens pensent, pour moi, la qualification des Pharaons à la CAN n’est pas un exploit en tant que tel. C’est juste un retour ordinaire à la normale, afin de remettre les pendules à l’heure. L’Egypte a toujours été présente à la plupart des Coupes des nations. Ce n’est pas une chose nouvelle. Notre absence pendant les quelques éditions précédentes n’est autre que le résultat des circonstances difficiles par lesquelles le football égyptien est passé depuis 2011. L’instabilité des compétitions locales ont eu un effet négatif sur le football égyptien, et cela s’est sans doute reflété sur les performances et les parcours des diffé­rentes équipes nationales, notamment sur les Pharaons.

La seule chose qui fait défaut est le retour des supporters dans les gradins. Les suppor­ters sont le nerf du football. Nous voulons voir de nouveau les tribunes pleines à craquer de supporters. Ce sont eux qui font vibrer les matchs et donnent sa saveur au Championnat national et à la Coupe d’Egypte. Nous avons besoin du soutien de nos supporters pour gagner les prochains matchs et se qualifier au Mondial.

— Rien que les supporters ?

— Non bien sûr. Il faut aussi reconnaître que les bonnes performances de l’équipe nationale sont dues à la stabilité du Championnat égyptien cette saison et la saison dernière. Cette stabilité nous a fourni de bons joueurs, et cela nous donne la possibilité d’avoir de bons remplaçants au cas où l’un de nos titulaires serait blessé ou écarté de l’effectif pour des raisons techniques ou adminis­tratives.

— D’après vous, quelles sont les chances des Pharaons à la prochaine CAN ?

La qualification pour la CAN est un retour à la normale
Al-Nenni est l'un des joueurs de grande qualité des Pharaons.

— Au fait, c’est en se qualifiant à la CAN que le plus difficile a commencé pour nous. Comme je vous ai dit, pour moi, la qualification à la CAN n’est pas un exploit, mais un retour à la normale. Et à la CAN, nous fournirons le maximum d’ef­fort pour défendre l’image du football égyptien et pour que les Pharaons aient leur position légi­time parmi les meilleures équipes d’Afrique. Certes, ce ne sera pas du tout facile, surtout après cette longue absence de la CAN, mais nous allons déployer toutes les énergies nécessaires pour être à la hauteur de nos ambitions.

— Sur qui comptez-vous pour réaliser ces ambitions ?

— Comme je l’ai dit précédemment, la sélec­tion égyptienne regorge en ce moment de joueurs de qualité qui évoluent en Europe à l’instar de Mohamad Salah, Mohamad Al-Nenni, Trezeguet et Ahmad Hassan « Koka ». A eux, nous avons ajouté des éléments qui ont fait parler d’eux en Championnat national tels Ramadan Sobhi, Mahmoud Kahraba et Essam Al-Hadari, pour ne citer que ceux-là.

— A propos de Essam Al-Hadari, à 43 ans, est-il toujours en mesure de garder la cage des Pharaons ?

— Essam Al-Hadari est un grand gardien de but qui a une très grande expérience. Lorsque nous sélectionnons les joueurs, nous ne nous fions ni à leur nom, ni à leur âge. Ce qui nous anime et nous importe lors du choix est le niveau technique et la performance du joueur. Al-Hadari est en excellente forme physique. Il a déployé de grands efforts lors des entraînements avec son équipe et lors des matchs. Il mérite d’être actuellement dans les rangs des Pharaons. Pour nous, tous les joueurs sont égaux et ont les mêmes chances. Le critère de choix au sein des Pharaons est le niveau du joueur, pas son âge ou encore moins sa réputation ou son club.

A quelques jours du tirage au sort de la phase de poule des éliminatoires zone Afrique de la Coupe du monde 2018, la classification de l’Egypte dans la 1re ou 2e palette est d’actualité. L’Egypte a même officiellement fait une requête pour qu’elle soit déplacée de la 2e à la 1re palette …

— Je trouve que ces histoires de 1re ou 2e palette n’ont aucune importance sur le plan technique. C’est juste un point psycholo­gique pour les joueurs. Quoi qu’il en soit, le niveau des pays africains est très proche. Le fait d’être à la 1re palette n’offre aucun avan­tage supplémentaire par rapport aux autres équipes. C’est-à-dire le pays de la 1re palette ne va pas prendre 3 points de plus que le pays qui est placé dans la 2e palette. Tout se jouera sur le ter­rain. Le tirage au sort va nous mettre dans une poule avec 3 autres pays. Sans tenir compte de quelle palette nous sommes, nous avons le devoir d’être les meilleurs du groupe et nous imposer pour défendre nos chances dans la qualification au Mondial. Tout ce que nous devons faire est de bien travailler et de bien nous concentrer sur notre objectif. Tout le monde doit redoubler d’ef­forts durant la période à venir. Je suis optimiste. Nous avons une grande chance avec la génération actuelle de joueurs pour nous qualifier à la Coupe du monde Russie 2018.

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