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Une Course serrée

Amira Samir, Mardi, 26 janvier 2016

Deux figures maronites du même camp briguent le poste de président de la République au Liban. Portraits.

Une course serrée
Michel Aoun et Soliman Frangié

Michel Aoun, le général qui dérange

Militaire, politicien et dirigeant du courant patriotique libre qui fait partie de la coa­lition dite du « 8 Mars ». Né en 1935 dans la banlieue sud chiite de Beyrouth, Michel Aoun a terminé ses études supérieures à l’école militaire au Liban. Il a effectué ensuite des stages de formation militaire en France et aux Etats-Unis. Son père, Naim Aoun, était agriculteur et sa mère femme au foyer. En 1948, à l’âge de 13 ans, il s’est engagé comme volontaire participant à la distribution des aides humanitaires aux réfugiés palestiniens accueillis au Liban. Il était chef de l’armée libanaise entre 1984 et 1988. Les Libanais l’appelaient « Le Général ». L’ancien président, Amin Gemayel, l’a nommé premier ministre dans le gouvernement militaire intérim en 1988. Dans ce gouvernement, il était aussi chargé des affaires des ministres de l’Inté­rieur, des Affaires étrangères, de l’Education nationale, des Patriotes et des Beaux-Arts. En octobre 1990, il a été forcé de se retirer de la vie publique et exilé, en 1991, en France, où il a passé 15 ans environ.

De retour au Liban en 2005, il devient député au Parlement à la tête du Bloc parlementaire du Changement et de la Réforme, formé de 21 dépu­tés. Figure de premier plan de la scène politique libanaise depuis des décennies, il a signé en 2006 un protocole avec le Hezbollah, soutenu par Téhéran qui combat aujourd’hui aux côtés des forces du régime de Bachar Al-Assad en Syrie.

Aoun soutient aussi le régime de Bachar : « Le départ d’Assad sera le prélude à une guerre mondiale », avait-il déclaré. En fait, la vie politique libanaise est divisée en 2 camps : pro-occidental et pro-syrien, et le général Michel Aoun était parmi ceux qui avaient rejeté l’accord de 1989 de Taëf (en Arabie saoudite) qui était un premier pas vers la fin de la guerre civile libanaise. Son affiliation au courant du 8 Mars n’a pas empêché Samir Geagea, chef des forces libanaises et membre du mouvement opposé du 14 Mars, de lui déclarer son soutien à la présidentielle. Il s’est marié en 1968 à Nadia Selim Al-Chami. Ils ont eu 3 filles : Mirelle, Claudine et Chantal.

Soliman Frangié, proche des sunnites

Politicien libanais, chef des Marada et candidat du parti Al-Mostaqbal. Né en 1965 à Tripoli, Soliman Frangié est aussi issu d’une des grandes familles maronites à proximité de Tripoli. Son grand-père, Soleimane Kabalan Beik Frangié, a été le 5e président de la République libanaise pendant six ans, de 1970 à 1976. Et son père, Tony Frangié, était député au parlement, ministre et commandement de l’armée pri­vée, nommée « brigade Marada », formée au début de la guerre civile. Son père Tony, sa mère Vera et sa petite soeur Gihane ont été assassinés en 1978, à Ehden. Après ce massacre, son grand-père l’a emmené en Syrie. Sa vie politique a commencé très tôt à l’âge de 17 ans, lorsqu’il se rattache à la brigade Marada, en 1982. Il est devenu député au parlement libanais pour la pre­mière fois en 1991. A l’époque, il était le plus jeune député (26 ans). Il a été élu ensuite pour trois mandats successifs : 1992, 1996 et 2000. Il a perdu son siège parlementaire en 2005 et l’a repris en 2009. Dans différents gouvernements libanais, il s’est chargé d’un ou de plusieurs ministères.

Entre 1990 et 1992, il était ministre d’Etat sans portefeuille, puis en 1992 ministre du Logement et des Coopératives. Entre 1992 et 1995, ministre des Affaires rurales et municipales. Entre 1996 et 1998 et entre 2000 et 2004, ministre de la Santé générale. Entre 1998 et 2000, ministre de l’Agriculture, du Logement et des Coopératives. Et ministre de l’Intérieur entre 2004 et 2005. Issu, comme Michel Aoun, de la coalition du 8 Mars, Frangié a été pointé du doigt par ses détracteurs comme étant l’une des personnalités politiques les plus fidèles au régime syrien. Il a même déclaré : « Je serais heureux dans le cas d’une victoire du régime syrien ». Frangié a aussi affirmé qu’il partageait le point de vue du Hezbollah en ce qui concerne la guerre de la coalition arabe au Yémen, et que les « Marada » se rangeaient aux côtés du Hezbollah en ce qui concerne aussi bien les questions nationales que régionales. « Les opérations militaires de l’Arabie saoudite contre le Yémen sont acculées à l’im­passe. Les frappes aériennes sont loin de porter leurs fruits, car les opérations terrestres sont plus impor­tantes. Cependant, les Saoudiens ne sont pas capables de mener les attaques terrestres contre le Yémen », a-t-il déclaré au journal Al-Safir. En dépit de son affiliation au courant du 8 Mars, il est soutenu par le chef du parti sunnite Al-Mostaqbal, Saad Al-Hariri, qui fait partie du mouvement 14 Mars. A 18 ans, en 1983, Soliman Frangié s’est marié à Marianne Sarkis et ils ont eu deux fils : Tony et Bassel. Après son divorce en 2003, il s’est marié avec Rima Karkafi et ont une fille, Vera.

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