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Mohamad Awad : Le centre n’a pas de prérogatives pour contrôler la municipalité

Samar Zarée, Lundi, 02 novembre 2015

Mohamad Awad, directeur du Centre de conservation du patrimoine d’Alexandrie,explique la fonction de cette instance et ses faiblesses.

Mohamad Awad : Le centre n’a pas de prérogatives pour contrôler la municipalité
Mohamad Awad

Al-Ahram Hebdo : Quel est exactement le rôle du Centre de conservation du patri­moine d’Alexandrie ?

Mohamad Awad : Le centre a été créé en 2003 pour recenser les bâtiments de la ville d’Alexandrie ayant une valeur particulière sur le plan architectural. Nous avons sur notre liste près de 1 150 bâtiments, villas, palais et édi­fices gouvernementaux ayant une valeur histo­rique et un caractère spécial. Mais cette liste ne regroupe que des monuments ayant été construits à partir de l’époque de Mohamad Ali, car les plus anciens sont des bâtiments sous la supervision du ministère des Antiquités. Nos bâtiments sont divisés en deux catégories. La première concerne les monuments ayant une valeur au niveau régional, comme le palais de Ras Al-Tine, dans le quartier de Bahari, et le palais Montazah. La deuxième catégorie ren­ferme les monuments ayant une valeur particu­lière pour la ville d’Alexandrie comme le Palais de justice, la place Manchiya, ou encore la Chambre commerciale à Mahattet Al-Raml (station Raml). Plus de 40 autres rues et quartiers, comme les rues Fouad et Chérif qui sont les plus anciennes rues de la ville, sont répertoriés. Les quartiers latin, turc et Rouchdi, avec leurs belles villas, sont égale­ment sur notre liste.

— Malgré cela, le centre est accusé par certains de négligence à l’égard des bâti­ments historiques de la ville d’Alexandrie. Pourquoi ?

— Le rôle du centre est consultatif, et il n’a pas de prérogatives pour contrôler les erreurs de la municipalité. Mais dans certains cas nous avons envoyé des notes au gouvernorat afin de faire face aux violations qui menacent le patrimoine. Par exemple, lorsqu’on essaie d’éliminer des bâtiments de notre liste comme c’est le cas de la villa Aghion, dans le quartier de Challalat, qui est partiellement détruite.

— Comment les proprié­taires arrivent-ils à faire éli­miner leurs bâtiments de la liste de conservation du patrimoine ?

— Puisqu’il est interdit de démolir ou de modifier les bâtiments inscrits sur notre liste, et comme les propriétaires ne sont jamais indemnisés par l’Etat qui n’a pas d’argent, les propriétaires se dirigent vers la Cour administrative qui nous demande un rap­port sur le bâtiment. C’est à l’Etat de défendre ces bâtisses en envoyant un avocat chargé de la défense du patrimoine, ce qui, dans la plupart des cas, n’a pas lieu.

Que faire avec les bâtiments partielle­ment démolis comme la villa Aghion ?

— On peut reconstruire les parties délabrées de la villa, et j’engage ma responsabilité à ce qu’elle retrouve son éclat d’antan. Vous savez, certaines villes comme Prague, Varsovie et Berlin ont été complètement détruites pendant la Seconde Guerre mondiale. Elles ont pour­tant toutes été reconstruites après la guerre.

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