La jeune maison d’édition
Al-Rabie Al-Arabi (le printemps arabe), créée en 2011 après la révolution, renvoie le problème de l’édition au gouvernement. Le jeune éditeur, Ahmad Saïd, directeur de la maison, estime que la reproduction illégale de titres ne tient qu’à la faiblesse de la loi. Pour lui, le gouvernement ne joue pas son rôle et passe à côté d’un secteur potentiellement dynamique, comme c’est le cas au Liban.
Hormis le manque de législations contraignantes, « l’Etat ne fournit pas un papier de bonne qualité, et la grande majorité des éditeurs sont obligés d’imprimer ailleurs, notamment au Liban. Là-bas, c’est une industrie professionnelle. Tout auteur ou éditeur arabe, de par le monde, qui veut imprimer un ouvrage en édition de bonne qualité, se dirige vers le Liban. En Egypte, une copie coûterait autour de 150 dollars ! L’Etat doit intervenir pour soutenir cette industrie ».
Pendants les manifestations de Mohamad Mahmoud en 2011, Ahmad Saïd, qui avait commencé sa carrière dans le monde de l’édition chez Madbouli en 2008, a une révélation : la révolution ne portera ses fruits et n’aboutira aux changements souhaités qu’en contribuant à changer les mentalités. Sa maison d’édition, ouverte et rebelle, porte les idées des lumières dans tous les domaines.
Le credo de la maison est la « créativité ». Elle présente des écrivains consacrés comme Nawal Al-Saadawi, Achraf Al-Khamissi ou le Soudanais Amir Tag Al-Serr, comme elle met en avant des jeunes peu connus comme Hedra Guirguis, Mohamad Métoualli et Adham Abboudi.
Saïd insiste sur le rôle de l’éditeur à communiquer avec ses lecteurs, notamment à travers les réseaux sociaux, et à les attirer via des sites de critiques comme Good Reads .
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