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Farida Osman : J’espère réaliser mon rêve : Monter sur le podium des Mondiaux

Doaa Badr, Mardi, 30 juin 2015

La nageuse égyptienne, Farida Osman (20 ans), a battu son propre record d’Afrique au 50 m papillon aux Etats-Unis. Elle s’est qualifiée pour les Mondiaux aux 50 et 100 m nage libre et papillon. Entretien.

Farida Osman
Farida Osman, nageuse égyptienne. (Photo : Facebook de la nageuse)

Al-Ahram Hebdo : Le meeting de la série d’Arena Pro Swim vous a souri la semaine dernière. Racontez-nous cette expé­rience …

Farida Osman : Oui, la chance était de mon côté la semaine dernière aux Etats-Unis. C'était une sorte d’en­traînement pour moi, car je ne me sentais pas en forme. Et puis je ne m’attendais pas du tout à ces résultats. Mais j’ai réalisé plusieurs objec­tifs en même temps. Premièrement, j’ai battu mon propre record d’Afrique au 50 m papillon en 26,08. Ainsi j’ai amélioré mon ancien record 26,12 réalisé en 2013 lors des Championnats du monde. Deuxièmement, je me suis qualifiée pour les Championnats du monde 2015 aux 50 m et 100 m (nage libre et papillon) en réalisant le mini­mum A exigé par la Fédération internationale. Troisièmement, je me suis qualifiée pour les Jeux olympiques de Rio de Janeiro 2016 au 50 m libre en réalisant 25,20. Je suis très heureuse de cette qualification qui arrive avant les Mondiaux.

— Quelle est l’importance de ce meeting ?

Aux Etats-Unis, nous avons toutes les deux semaines un meeting. Ils sont une sorte d’entraînement qui réunit tous les nageurs s'entraînant aux Etats-Unis. Aujourd’hui, nous sommes à un mois des Mondiaux. Ceci est un bon indice pour moi. Cela signifie que je suis sur la bonne voie et que je serai prête aux pro­chains Mondiaux.

— Cette saison, votre niveau s’est nette­ment amélioré. Comment l’expliquez-vous ?

Il est évident que c’est grâce à mon séjour aux Etats-Unis. Bien que je fasse des études à l’Université de Californie, Berkeley, depuis 2013, mon niveau ne s’est amélioré que cette saison, car la première année était très difficile pour moi. C’était la première fois que je quitte ma famille. Je devais tout assumer toute seule. Au début, ma vie aux Etats-Unis était très dure, mais avec le temps je me suis habituée à mon nouveau mode de vie. C’est pourquoi mon niveau ne s’est amélioré que cette année. Je n’ai pas seulement amélioré mes records. J’ai aussi amélioré ma technique.

— Quelle est la différence entre l’entraî­nement aux Etats-Unis et en Egypte ?

Ils sont très différents. En Egypte, je m'entraînais sans concurrente car le niveau de toutes les Egyptiennes est inférieur au mien, tandis qu’aux Etats-Unis je m’entraîne avec les meilleures nageuses du monde. A l’Université de Berkeley, je m'entraîne sous la houlette de Teri Mckeever avec les nageuses de la sélec­tion américaine, telles Missy Franklin, déten­trice de 5 médailles olympiques aux JO de Londres 2012 ; Caitlin Leverenze, médaillée de bronze aux JO 2012 ; Dana Volmer, cham­pionne olympique en 2012 ; Natalie Coughlin, qui a remporté 8 médailles olympiques, et Nathan Adrian, qui a à son actif 4 médailles olympiques. Donc, en m'entraînant avec ces nageuses je me donnais à 100 % à l’entraîne­ment afin d’être au niveau de ces championnes. Cela m’incite à faire plus, ce qui a amélioré mon niveau. Ensuite, en Egypte, j’étais disper­sée entre l’entraînement et mes études, et cela en plus du problème de la circulation infernale dans les rues égyptiennes, contrairement à ce qui se passe aux Etats-Unis où toute ma vie est bien organisée. A l’Université, la natation est considérée comme une matière faisant partie des études. J’organise mes cours selon les horaires de mes entraînements.

— Racontez-nous votre journée à l’uni­versité ?

Je commence la journée à 6h30 avec un entraînement, puis j’assiste aux cours de 8h jusqu’à 12h30. Ensuite, j’effectue une autre séance d’entraînement de 13h30 à 15h30, heure à laquelle se termine ma journée. Le reste du jour je peux étudier ou sortir avec mes amis. Il faut préciser que l’entraînement et les études se font au même endroit : il me faut seulement 5 minutes de marche à pied pour aller de la piscine à la salle de cours.

— Qu’est-ce qui vous manque le plus aux Etats-Unis ?

Ma famille et mes amis. Il est vrai que j’ai maintenant beaucoup d’amis à l’université et à l’entraînement, dont quelques Egyptiens. Mais ma famille me manque beaucoup, car je ne peux prendre de vacances que 2 fois par an : à l’occasion du Nouvel An et en été. Selon la bourse scolaire que je reçois, je dois disputer un bon nombre de compétitions qui sont des entraînements pour évaluer mon niveau. Les deux compétitions majeures sont : Pac 12 et les Championnats NCAA qui sont comme les Championnats du Caire et les Championnats d’Egypte. Cette saison, j’ai réalisé un bon résultat dans ces deux compétitions. En Pac 12, j’ai remporté une médaille d’or (50 m libre), une médaille d’argent (100 m papillon) et une médaille de bronze (100 m libre). Cela outre 4 médailles en relais. Dans les Championnats NCAA qui regroupent toutes les univer­sités américaines, j’ai termi­né 4e en 50 m libre, 100 m papillon et 100 m libre. J’ai décroché aussi 4 médailles en relais. Il est à noter que mon université a remporté les deux Championnats.

— Quels sont vos objectifs ?

Mon but principal cette saison, c’est de disputer la finale des Championnats du monde du 50 m papillon en rêvant de monter sur le podium. Je déploie beaucoup d’efforts afin de réaliser cela, et j’ai bien préparé les Mondiaux. Le 5 juillet prochain, je dois effectuer un stage de préparation avec la sélection égyptienne en Hongrie avant de me diriger vers le Kazakhstan le 24 juillet pour disputer les Mondiaux. Je me suis qualifiée aux Mondiaux dans les 50 m et 100 m libre et papillon, mais j’ai plus de chance sur le 50 m papillon puis le 50 m libre. J’espère réaliser mon rêve de monter sur le podium des Mondiaux cette saison, pour atteindre le podium olympique qui est mon deuxième rêve. A noter qu’en 2011, j’ai décro­ché la médaille d’or aux Mondiaux juniors en 50 m papillon.

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