Al-Ahram Hebdo, Afrique | Nouvelle crise politique
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 Semaine du 6 au 12 août 2008, numéro 726

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Dossier

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Société

  Arts

  Livres

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Afrique

Somalie. La situation sécuritaire s’est une fois de plus détériorée alors qu’une crise politique majeure menace la fragile stabilité politique. 

Nouvelle crise politique 

Une nouvelle explosion a secoué dimanche dernier les rues de la capitale somalienne Mogadiscio. Bilan : une vingtaine de morts, principalement des femmes, qui balayaient les rues de la capitale. Comme toujours donc, la violence frappe n’importe qui et n’importe quand en Somalie, un pays en proie à l’instabilité politique et sécuritaire depuis plus de 17 ans. Aucune revendication n’a été enregistrée, mais ce type d’attentats est généralement attribué par les autorités aux militants islamistes qui entretiennent un climat d’insécurité depuis qu’ils ont été chassés du pouvoir fin 2006, lors d’une intervention des troupes éthiopiennes, venues soutenir le gouvernement de transition somalien. Le quartier où s’est produite l’explosion est fréquemment le théâtre d’attaques d’insurgés contre les forces éthiopiennes et les soldats somaliens.

Le gouvernement somalien avait conclu en juin, sous l’égide de l’Onu, une trêve avec une partie de l’opposition islamiste, dénoncée cette semaine par les insurgés du mouvement des Shebab. Un cessez-le-feu aurait dû intervenir le 9 juillet, pour une période initiale de trois mois, mais l’accord a divisé l’opposition, la frange la plus dure insistant pour que les troupes éthiopiennes quittent le pays avant le début des négociations.

A l’insécurité omniprésente s’ajoutent les interminables crises politiques, laissant peu d’espoir à la restauration de la paix dans ce pays. La crise a pris une tournure politique cette semaine avec la démission annoncée des deux tiers du gouvernement, qui entendaient protester contre une mauvaise gestion des fonds publics et le limogeage du maire de Mogadiscio par le premier ministre Nur Hassan Hussein. Ce dernier a annoncé dimanche qu’il avait nommé cinq nouveaux ministres, après les démissions en série. Le premier ministre a précisé que deux ministres sortants avaient déjà été remplacés et que trois autres portefeuilles qui n’avaient pas été attribués auparavant avaient été pourvus.

Ces nominations surviennent quelques jours après l’annonce faite par dix des quinze ministres formant le gouvernement somalien de démissionner pour protester contre la mauvaise gestion des fonds publics. « Le bureau du premier ministre a reçu six démissions sur dix annoncées par des membres de son gouvernement et nous avons envoyé des messages intimant aux autres de faire connaître clairement leurs intentions et de transmettre leurs lettres », a déclaré dimanche Nur Hassan Hussein au cours d’une conférence de presse. « Les ministres que nous avons nommés l’ont été à trois postes déclarés vacants et les deux autres remplacent des ministres qui ont récemment démissionné », a-t-il dit sans donner plus de précisions. Il a également assuré que ces démissions n’auraient aucune répercussion sur le travail de son gouvernement qui tente d’asseoir son autorité sur ce pays de la Corne de l’Afrique depuis son installation au début de l’année dernière.

La volonté de démissionner affichée par les dix ministres somaliens a compliqué la crise politique qui a éclaté en début de semaine par le limogeage, par le premier ministre, du maire de Mogadiscio nommé en 2007 par le gouvernement. Ancien seigneur de guerre somalien, Mohamed Omar Habeb dirigeait la région du Middle Shabelle avant d’en être chassé par les islamistes en 2006 puis, après leur chute, fut nommé maire de la capitale avec le soutien du président.

Nur Hassan Hussein, qui selon des spéculations alimentées par les démissions de ministres serait menacé par une motion de censure du Parlement, a également déclaré qu’il avait besoin de clarifier si ces démissions des ministres n’affecteront pas le processus de paix de Djibouti. Or, ce processus est déjà mal en point.

Selon un député s’exprimant sous le couvert de l’anonymat et cité par l’agence Reuters, un groupe d’élus a invité le premier ministre à démissionner à la suite des irrégularités financières présumées commises au sein de son équipe. Hussein a cependant fait savoir qu’il ne partirait pas. « Je leur ai dit que si ma présence constituait un obstacle au rétablissement de la paix en Somalie, je soumettrais alors volontiers ma démission mais je ne quitterais pas mes fonctions en raison de ces questions », a-t-il fustigé.

Ces divisions politiques se font jour alors que des médiateurs cherchent à tirer parti de la trêve signée en juin à Djibouti sous l’égide des Nations-Unies entre le gouvernement et une partie de l’opposition. L’émissaire spécial de l’Onu pour la Somalie, Ahmedou Ould Abdallah, a fait part samedi de son inquiétude et invité toutes les parties à travailler ensemble. « Le peuple somalien savait qu’il y aurait des obstacles sur le chemin de la paix et il ne faudrait pas le décourager », a-t-il dit dans un communiqué. « Les autorités devraient rester concentrées sur la paix et j’espère pouvoir les rencontrer prochainement », a-t-il ajouté.

L’actuel gouvernement de transition constitue la 14e tentative d’installation d’une autorité centrale de l’Etat depuis le renversement en 1991 du président autocrate Mohammed Siad Barri. Une tentative qui reste à se confirmer.

Abir Taleb

Retour au sommaire

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah -Thérèse Joseph
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.