Al-Ahram Hebdo, Arts | Ondulations à l'infini
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 Semaine du 19 à 25 avril 2006, numéro 606

 

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Arts

Festival danse-théâtre . La septième édition qui se déroule jusqu’au 30 mai s'est ouverte avec la présentation d’une création de Karine Saporta, Dans le regard de la nuit. Les spectacles se poursuivent, multipliant les visions sur l’Orient et sur soi.

Ondulations à l'infini

Toujours la mer. Toujours les femmes. C’est comme si on lui avait dit : racontez-nous la mer et les gens, Karine. Les femmes notamment. Faites qu’elles soient comme les vagues. De petits pas contenus. Mouvements des bras. Bref, racontez-nous des expériences dansées sur l’intimité, à travers les ondulations du corps et celles du temps. C’est ainsi que se présente la dernière création de la chorégraphe française Karine Saporta, Dans le regard de la nuit, donnée en collaboration avec la troupe de danse-théâtre de l’Opéra du Caire et inspirée de l’Egypte.

Les trois danseuses avancent sur fond de voile, de fenêtre ou de paravent. Grosso modo, quelque chose qui filtre, qui laisse percevoir, servant de barrière, sans être vraiment opaque. L’homme est le plus souvent en arrière-plan, dans le subconscient. Et les femmes se tortillent, faisant bouger le bassin et les mains dans des mouvements de danse orientale inachevés. Elles se prêtent de temps à autre à un jeu de présentation : « Je m’appelle Karima Nayet, je suis algérienne, née en novembre. j’aime telle musique. La danse et la religion font partie de moi ». Ainsi, chacun se raconte-t-il, réveillant le héros qui somnole en lui. Un danseur peut narrer un acte héroïque de guerre. Opération de guerre dans la mer, disent-ils. Car la mer porte en elle les fragments d’histoire disloquée et de civilisations naufragées, comme le précise la chorégraphe dans le catalogue du festival. Et c’est la mer mythique d’Alexandrie qu’elle s’est choisie.

Plastiquement, ce n’est pas aussi splendide que d’autres spectacles comme Charmes, présenté il y a deux ans au théâtre Goumhouriya, où la mer n’était pas sans rappeler plusieurs figures féminines de la mythologie méditerranéenne.

Ici, le bleu de la Méditerranée omniprésente n’est pas aussi envahissant. De petits bateaux placés par terre sillonnent le trajet des personnages, effectuant eux-mêmes des va-et-vient entre passé et présent. L’une des danseuses ressemble à la statue qu’elle tient, probablement celle de Néfertiti. Elle y entre et a du mal à s’en sortir. La statue est dédoublée comme le personnage.

A deux reprises, une chanteuse monte sur scène, accompagnée d’un violoniste, pour confier à la mer sa passion, accentuant l’aspect nostalgique. Le choix de la musique au cachet oriental, composée par Jean-Marie Sénia (Français d’origine algérienne) et les paroles chantées en arabe y sont pour quelque chose. On est trop loin du début du spectacle qui a plutôt versé dans le quotidien, à l’aide d’une bande de son, condensant scènes de ménage et soucis de tous les jours, lesquels sont chantés à la manière populaire de Chaabane Abdel-Réhim. Peut être, est-ce aussi le reflet de la démarche de la chorégraphe. D’abord éprise par le tumulte de la ville, notamment celle du Caire, elle opte en fin de processus de création pour l’aspect mythique d’une Alexandrie teintée de nostalgie. Une nostalgie qui se prolonge en lenteur, car le spectacle dure un peu plus d’une heure.

Dalia Chams

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Un programme en mouvement

Dans le regard de la nuit, de Karine Saporta. Du 20 au 23 avril au théâtre alexandrin Sayed Darwich, à 20h. Le 30 avril à l’ouverture du Festival de Carthage.

Cette année, le festival rassemble pour la plupart des chorégraphes étrangers qui posent un regard différent sur l’Orient et de jeunes chorégraphes égyptiens qui continuent à regarder au plus profond d’eux-mêmes.

Venues de France, de Belgique, d’Espagne, d’Italie, quatre compagnies occidentales se produisent en alternance avec cinq spectacles égyptiens, à l’Opéra du Caire, au théâtre Goumhouriya et au théâtre Sayed Darwich à Alexandrie. Ce, sans compter le spectacle de l’inauguration, signé Karine Saporta et interprété par la troupe de danse-théâtre de l’Opéra du Caire (voir compte rendu).

La compagnie belge Thor, créée en 1990, présente D’Orient, un spectacle né après une série de voyages réalisés par le chorégraphe Thierry Smits dans plusieurs pays arabes, à savoir l’Egypte, la Syrie, le Maroc et la Tunisie. Images inondées de lumières de sensualités, sans construction idéologique ni analyse politique (les 3 et 4 mai au théâtre Gomhouriya. Et les 6 et 7 au théâtre Sayed Darwich).

Le chorégraphe et metteur en scène espagnol, Dani Pannullo, propose lui aussi un rapprochement entre l’Orient et l’Occident, à travers un spectacle au titre japonais, Yukkuri (Lentement). Désirs, sentiments et mouvements acrobatiques sont de mise (le 10 mai au théâtre Sayed Darwich et le 12 au théâtre Gomhouriya).

La compagnie italienne Excursus, fondée en 1994, participe au festival avec deux performances (le 14 mai au théâtre Gomhouriya, et le 16 au théâtre Sayed Darwich). La première, intitulée Quadri 06, vise à donner une idée du style des chorégraphes : Ricky Bonavita et Theodor Rawyler, compilant des extraits de leurs créations précédentes. La deuxième, Rush, se déroule dans une ville hors du temps, multipliant les rencontres fortuites et les émotions fugitives, à travers une expression surréelle et stylisée.

Le junior ballet contemporain donne quatre spectacles (le 27 mai au théâtre Gomhouriya et le 30 mai au théâtre Sayed Darwich). Il regroupe en effet les élèves de cinquième année de chacune des formations de danseur-interprète du Conservatoire de Paris. Son répertoire qui se renouvelle chaque année est composé d’œuvres de grands chorégraphes.

Figurent également au programme des spectacles conçus par de jeunes chorégraphes-interprètes égyptiens. Dalia Al-Abd présente une nouvelle version de sa chorégraphie Est-ce réel ? qu’elle interprète en solo. Une première version a été donnée lors de la cinquième édition, tournant autour de l’image de soi. Et Adham Hafez transforme le théâtre en son propre purgatoire. La scène est un lieu de transition et de catharsis (les 6 et 7 mai au théâtre Gomhouriya). Mohamad Ali, membre de la troupe de danse-théâtre de l’Opéra depuis 1999, A toujours des questions, auxquelles il tente de répondre (les 17 et 18 mai au théâtre Gomhouriya). Les 17 et 18 également sera donné Echo de Mohamad Habib, comédien qui s’est récemment converti à la danse. Il fait partager des rêves sans toit, ni loi. Et enfin, la cerise du gâteau : la compagnie des sourds-muets, laquelle participe au festival pour la première fois, avec Petites ailes, mise en scène de Réda Abdel-Aziz (les 12 et 13 mai, petite salle de l’Opéra). Le spectacle est interprété par des enfants sourds-muets, transmettant un message d’amour et de compréhension.

 




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