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Iraq. La violence a redoublé d’intensité cette semaine avec deux attentats sanglants menés contre la communauté chiite. De quoi faire planer le risque de divisions ethniques et religieuses à quelques semaines des élections.
Les chiites, nouvelle cible des violences

A six semaines des élections générales prévues pour le 30 janvier, les deux villes chiites de Najaf et de Kerbala (respectivement 160 km et 110 km au sud de la capitale) ont été secouées dimanche par deux attentats qui ont fait au moins 66 morts et près de 150 blessés. Ces attentats, les plus sanglants contre les chiites depuis ceux de mars 2004, ont été commis près du mausolée de l’imam Ali à Najaf et de celui de l’imam Hussein à Kerbala, deux des lieux les plus vénérés par les chiites d’Iraq. Selon le gouverneur de Najaf, Adnane Zorfi, il existe « une connexion entre les deux attentats de Najaf et Kerbala ». Le responsable en a attribué la responsabilité « à des loyalistes du régime déchu (de Saddam Hussein) et des terroristes salafistes », référence à la mouvance radicale islamiste à laquelle se rattache le réseau terroriste Al-Qaëda d’Ossama bin Laden. Dans une autre réaction à ces deux attentats, le grand ayatollah Mohamad Saïd Al-Hakim, un des quatre « Marjiiya » (référence religieuse pour les chiites), a appelé les autorités iraqiennes à « tout faire pour arrêter les commanditaires » de ces attentats qui visent, selon lui, à « fomenter la sédition et à déstabiliser le pays ».
La semaine dernière, les chiites avaient déjà été visés lorsque 10 personnes avaient été tuées et 40 autres blessées, dont le représentant du grand ayatollah Ali Sistani, cheikh Abdel-Mehdi Kerbalaï, dans une attaque à la bombe qui avait visé la porte ouest du mausolée de l’imam Hussein.
Ces attentats interviennent alors que le climat sécuritaire dans les autres villes du pays laisse à désirer. En effet, 9 autres personnes ont été tuées dans la seule journée de dimanche en Iraq : à Bagdad, 3 employés d’un bureau électoral ont été abattus par des inconnus et dans le nord du pays, 6 Iraqiens, dont 4 jeunes Kurdes, ont été tués dans une attaque près de Kirkouk. Alors qu’à Falloujah, cible d’un assaut des Marines américains le 8 novembre dernier ayant visé le groupe d’Abou-Moussab Al-Zarqaoui, tenu responsable de nombreux attentats anti-américains, les problèmes de sécurité demeurent et empêchent dans l’immédiat le retour des réfugiés.
Ainsi, à quelques semaines des élections, le risque de différends ethniques et religieux est venu s’ajouter aux problèmes sécuritaires risquant d’entraver la tenue du scrutin.
D’autant plus que nombre d’Iraqiens (60 % d’entre eux sont chiites) pointent du doigt le réseau Al-Qaëda, rendu responsable des attentats anti-chiites, mais aussi de ceux commis contre des oléoducs. Cinq attaques de ce genre ont en effet eu lieu en l’espace de 24 heures après l’appel lancé jeudi dernier par Ossama bin Laden à frapper les installations pétrolières du pays. Deux oléoducs ont ainsi été attaqués samedi matin : le premier reliant Kirkouk (250 km au nord de Bagdad) à la raffinerie de Baïji, l’autre reliant la raffinerie de Daura à celle de Baïji. L’oléoduc Kirkouk-Baïji avait déjà été saboté au même endroit la veille. La veille, deux autres oléoducs avaient été endommagés au sud et au nord de Bagdad, l’un transportant des dérivés pétroliers de la raffinerie de Baïji vers Bagdad, l’autre desservant la raffinerie de Daura. Cette dernière attaque a été revendiquée par le groupe de l’extrémiste islamiste Abou-Moussab Al-Zarqaoui, dans un communiqué dont l’authenticité est invérifiable .

Abir Taleb
 

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