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Manuscrits. La deuxième conférence internationale sur les manuscrits arabes, tenue la semaine dernière à la Bibliothèque d’Alexandrie, a été l’occasion de mettre en lumière le pillage du patrimoine iraqien.

Au tréfonds de la mémoire arabe

50 chercheurs et spécialistes arabes et étrangers se sont penchés sur les Manuscrits signés qui portent l’empreinte de hautes figures du patrimoine arabo-islamique. Ce sont les manuscrits autographes, textes signés par les plus grands érudits arabes ou écrits de leur main.

Il était question d’établir un inventaire en disposant des exemplaires scannés ou des photos numériques, permettant de discuter des procédés d’authentification qui garantissent l’authenticité du manuscrit. Cela est d’une importance particulière, notamment avec la disparition des manuscrits iraqiens à la suite de l’invasion américaine.

Parmi les plus importants manuscrits présentés lors de la conférence : le livre intitulé Al-Mawaez wal eatébar bizikr Al-khetat wal assar de Taqieddine Al-Maqrizi, dont la Bibliothèque d’Alexandrie possède un exemplaire autographe et un autre portant sa signature, ou Al-Fotouhat al-makkiya, de Mohieddine Ibn Arabi.

« Les manuscrits, en général, sont la mémoire de la nation », explique Youssef Zidane, directeur du Centre des manuscrits à la Bibliothèque d’Alexandrie. « La valeur d’un manuscrit ne réside pas uniquement dans son âge mais aussi sa rareté et son importance. Cette conférence a comme but d’étudier et de faire sortir au grand jour les plus importants et les plus rares des manuscrits autographes, écrits à la main par leurs auteurs ».

L’an dernier, le Centre des manuscrits de la Bibliothèque d’Alexandrie a organisé sa première conférence sous le titre de Manuscrits millénaires. C’était également l’occasion de faire un inventaire méticuleux de quelque 280 manuscrits arabes vieux de mille ans. L’accent était mis sur la valeur historique de cet héritage partagé entre nombre de pays dont la Turquie, l’Egypte et nombre de bibliothèques et centres de documentation du monde entier.


La catastrophe iraqienne

L’axe le plus important discuté à la conférence fut les manuscrits iraqiens et leur sort après l’invasion américaine.

« Avant l’invasion américaine de l’Iraq, depuis 1996, nous avons pu faire l’inventaire d’une partie de nos manuscrits que possédaient les universités de Bassora, de Mossoul et de Salaheddine », avance Zamia Al-Samerraï, chercheur iraqienne. Mais avec l’atrocité de l’invasion des Américains, la Bibliothèque des Waqfs, la Bibliothèque Nationale et d’autres ont été incendiées par les bombardements et d’importants manuscrits dans tous les domaines : géographie, histoire islamique et des manuscrits du temps du prophète Mohamad, ont été détruits. Dans la foulée, l’Académie scientifique de l’Iraq, considérée comme le grand dépôt et le plus important centre scientifique de manuscrits, a été attaquée et pillée.

Elle ajoute que certains ont profité de cette catastrophe et ont volé cette fortune mais aussi de grandes personnalités dans le monde arabe ont pu acheter clandestinement une grande partie de ce patrimoine.

« Cette académie possédait plus de 225 manuscrits originaux et 2 500 copies. Maintenant, il ne reste que 150 manuscrits originaux et 1 500 copies », indique Nahida Matar, chercheur.

Les chiffres sont frappants surtout si l’on sait que l’Iraq possédait plus de 55 000 manuscrits, dans les bibliothèques publiques et privées. précise Zamia Al-Samarraï.

Parmi cette richesse disparue, affirme-t-elle, « des pages du Coran écrites par Al-Imam Ali, datant de la première année de l’hégire. Son écriture est marquée par une calligraphie particulière qui tient à identifier la première lettre de la première ligne à la dernière lettre dans la dernière ligne de la même page ». Sans compter les correspondances des célébrités iraqiennes dont 84 manuscrits du savant Mahmoud Al-Allousi.

Aucune action n’a encore été menée par les organismes internationaux, ni par des initiatives arabes pour retrouver ces manuscrits.

« Nous avons demandé l’aide de l’Unesco afin de récupérer notre patrimoine mais en vain », s’insurge Nahida. Elle revendique un plan d’action sérieux de la part des pays du monde pour pouvoir retrouver l’héritage historique de l’Iraq. Youssef Zidane, reconnaissant la valeur des manuscrits disparus et la gravité de cette perte, affirme que les spécialistes vont étudier les possibilités de les récupérer à la suite de la conférence. L’affaire est loin d’être close .

Samar Zarée
 

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