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Palestine. Lors d’une tournée dans la région, le président russe Vladimir Poutine a promis des aides pour mettre en œuvre les réformes et relever l’économie palestinienne. Mais le soutien politique escompté par les Palestiniens a fait défaut.
Le rôle limité de Moscou

La tournée du chef du Kremlin Vladimir Poutine dans les Territoires palestiniens et en Israël destinée à redonner une influence russe dans la région du Proche-Orient s’est réduite à des déclarations visant uniquement à redorer le blason de la Russie et à rassurer l’Etat hébreu. En effet, alors que le processus de paix est au point mort et que le rôle de la Russie, l’un des parrains de ce processus, est quasi inexistant, les Palestiniens nourrissaient l’espoir qu’une telle visite pourrait leur apporter un quelconque soutien politique. Mais la déception était au rendez-vous. La seule promesse du président russe lors de la visite vendredi en Cisjordanie a été d’aider les Palestiniens à mettre en œuvre des réformes et à relever leur économie dévastée. « Nous examinons actuellement plusieurs options en vue d’une participation de la Russie à la restructuration de l’économie palestinienne, y compris à Gaza », dont Israël doit se retirer à l’été, a-t-il dit. Il a également souligné que Moscou viendrait en aide aux Palestiniens dont les infrastructures ont été gravement endommagées lors des affrontements avec Israël depuis le début de la deuxième Intifada, en septembre 2000.

Outre l’aspect de l’aide économique, le président russe a insisté sur la lutte antiterroriste, considérée par Israël et par les Etats-Unis comme un préalable à toute avancée politique. Dans ce sens, Moscou rejoint donc Washington et n’apporte rien de plus aux Palestiniens. « Nous soutenons les efforts du président Abbass pour réformer les services de sécurité et lutter contre le terrorisme », a ainsi déclaré M. Poutine lors d’une conférence de presse à Ramallah avec le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbass. Tout en ajoutant : « La Russie va continuer à offrir de l’aide à l’Autorité palestinienne pour qu’elle mette en place des réformes et construise un Etat ». Mais de cet Etat, il n’a vraiment été question lors de la tournée de Poutine. Ce dernier a focalisé sur l’aspect sécuritaire et les moyens d’aider les Palestiniens à lutter contre la violence. Le président russe a ainsi estimé que l’Autorité palestinienne devait être dotée des moyens nécessaires pour mettre de l’ordre dans les territoires palestiniens. Ce faisant, il a souligné que son pays allait offrir une aide logistique, des équipements et de l’entraînement à l’Autorité palestinienne. Il a affirmé que, dans un premier temps, des hélicoptères seront offerts à l’Autorité palestinienne. Des hélicoptères pour le transport du président palestinien figureront parmi les matériels fournis. Israël avait détruit les appareils de la présidence de l’Autorité palestinienne afin de limiter les mouvements de Yasser Arafat. La police palestinienne dispose uniquement d’armes individuelles en Cisjordanie, alors qu’en application des accords d’Oslo de 1993 elle dispose de quelques blindés légers dans la bande de Gaza. Pour se donner les moyens d’une fermeté affichée à l’égard des activistes, les Palestiniens s’attendaient à ce que la Russie leur offre 50 blindés légers. Or, M. Poutine ne les a pas mentionnés. Israël avait prévenu qu’un tel accord serait inacceptable et a exprimé son opposition à la livraison de ces blindés aussi longtemps que l’Autorité n’a pas fait preuve de sa détermination à désarmer les Palestiniens recherchés. Washington avait également affiché des réserves sur l’intention de la Russie de fournir du matériel militaire aux Palestiniens. « Pour nous, il devrait y avoir des garanties et des mesures claires avant d’aller de l’avant », a souligné un porte-parole du département d’Etat, Adam Ereli.


Pas de conférence de paix sur le Proche-Orient

Mais c’est dans le domaine diplomatique que l’Autorité palestinienne souhaitait voir la Russie s’impliquer davantage pour relancer un processus de paix israélo-palestinien dans l’impasse depuis plus de quatre ans. Ainsi, le président de l’Autorité palestinienne avait-il formulé l’espoir vain que M. Poutine insiste pour la tenue d’une conférence de paix sur le Proche-Orient à Moscou à l’automne qu’il avait évoquée lors de son passage au Caire. « Nous accueillons favorablement la tenue d’une conférence internationale car les conditions sont réunies. Nous sommes attachés à l’instauration d’une paix juste avec nos voisins israéliens et à ne pas manquer cette occasion qui se présente », a déclaré M. Abbass. Des paroles qui sont, semble-t-il, tombées dans l’oreille d’un sourd, puisque cette idée, fort mal accueillie par Israël et Washington, qui la jugent prématurée, a été abandonnée aussitôt après avoir été formulée. Loin de convaincre ses interlocuteurs israéliens, qui refusent toute intervention étrangère dans le processus de paix, à part celle de leur fidèle allié américain, le président russe a fait un pas en arrière en parlant d’une « réunion d’experts de haut rang ». Mais il a tout de même déclaré : « Nous ne renonçons pas à notre proposition d’accueillir une réunion internationale à Moscou à l’automne sur un règlement au Proche-Orient ». La visite n’a donc point permis de renforcer le rôle russe dans la relance de la Feuille de route. Selon Mohamad Sayed Saïd, du Centre des recherches stratégiques d’Al-Ahram, la visite n’a fait, en revanche, que « consolider le partenariat russo-israélien, les deux pays ayant des intérêts commerciaux, culturels et touristiques réciproques ». « La Russie a besoin du marché israélien pour exporter l’énergie et les armes et avoir de la monnaie étrangère », a-t-il expliqué

Rania Adel
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La Turquie veut se faire entendre
Le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a effectué lundi sa première visite dans les Territoires palestiniens. L’occasion d’offrir l’aide d’Ankara pour faire avancer le processus de paix.

La Turquie, nouvel acteur dans le conflit israélo-palestinien ? L’idée paraît difficilement applicable même si le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, s’est dit disposé à servir de médiateur dans ce conflit israélo-palestinien, lors d’une tournée qu’il a effectuée en Israël et dans les Territoires palestiniens. Erdogan s’est entretenu lundi à Ramallah avec le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbass, et le premier ministre, Ahmad Qoreï, après avoir prié dans la matinée sur l’Esplanade des mosquées à Jérusalem.

Une visite qui revêt une signification importante. Tout en améliorant sa relation avec Israël, Ankara veut en effet garder de bons liens avec l’Autorité palestinienne en se proposant comme partie impliquée dans le processus de paix.

Le premier ministre turc a ainsi affirmé que son pays était prêt à « faire tout ce qu’il peut » pour faire avancer le processus de paix si Israël et les Palestiniens sollicitent son aide. « Nous avons fait savoir aux deux parties, avec lesquelles nous entretenons d’excellentes relations, que nous sommes entièrement prêts à faire tout ce que nous pouvons pour contribuer à la paix », a déclaré M. Erdogan à l’issue d’un entretien avec le leader palestinien. Le premier ministre turc a également proposé de l’aide économique aux Palestiniens après le retrait israélien prévu cet été de la bande de Gaza.

« Il revient aux deux parties de déterminer le type d’aide que nous pouvons apporter et nous nous en acquitterons », a-t-il ajouté. C’est justement là que le problème se pose. En effet, si les Palestiniens accueillent avec satisfaction l’offre turque, ce n’est nullement le cas des Israéliens.

« Le premier ministre turc est un hôte important et sa visite reflète un sérieux effort de faire avancer le processus de paix et élargir le rôle de la Turquie au Proche-Orient », a déclaré un haut responsable au ministère des Affaires étrangères palestinien, Majdi Al-Khaldi. Mais l’offre de M. Erdogan, qui avait proclamé dimanche en Israël la disposition de son pays de servir de médiateur dans le conflit israélo-palestinien, n’a pas été vue d’un bon œil par les Israéliens. Le ministre israélien des Affaires étrangères, Sylvan Shalom, s’est ainsi déclaré lundi opposé à une éventuelle médiation de la Turquie dans les négociations avec les Palestiniens.

En fait, ce n’est pas la première fois qu’Ankara cherche à jouer un rôle dans le processus de paix. Un rôle qu’elle n’a jamais pu mener à bien en raison du refus qu’Israël a toujours opposé. Ankara avait même tenté à plusieurs reprises de se rapprocher de l’Etat hébreu pour s’assurer une place. Ce qui en fin de compte ne faisait qu’attiser le mécontentement de la partie palestinienne .

Abir Taleb
 

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